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Absolution par le meurtre

vendredi 14 décembre 2007, par La Livrophile

Peter Tremayne est un écrivain anglais né en 1959, qui écrit notamment des romans policiers historiques se passant dans l’Irlande du VIIe siècle. Nous n’en savons pas beaucoup sur cet auteur, si ce n’est qu’il écrit sous un pseudo, et qu’il cumule les origines bretonnes, saxonnes, irlandaises et anglaises. Il se passionne pour l’histoire de son pays, et les débuts de l’église en Angleterre, notamment dans une série qui connaît un grand succès en Angleterre, mais qui commence juste à être traduite en français, la série des Soeur Fidelma, dont je vais maintenant parler.

664, Whitby, en royaume Saxon. Le roi Oswy a convoqué un concile pour les églises saxonne et irlandaise, qui ne suivent pas tout à fait les mêmes rites, pour tenter de trancher entre les deux courants religieux qui s’affrontent. Soeur Fidelma de Kildare, avocate irlandaise, doit y rejoindre son amie très chère et supérieure directe, l’abbesse Etain de Kildare, porte-parole de l’église d’Irlande, pour l’épauler au niveau juridique. Le lendemain de son arrivée, on lui apprend qu’Etain a été assassinée sauvagement, et on lui demande de mener l’enquête, car on connaît ses talents dans ce domaine. Mais au cas où ce serait un crime politique (un membre de l’église romaine a tué l’abbesse pour l’empêcher de défendre l’église irlandaise), on lui adjoint un enquêteur saxon, qui de plus connaît bien plusieurs langues (il a étudié en Irlande, mais est saxon de naissance). Il s’agit de Frère Eadulf, qui a dû renoncer à son rang juridique pour entrer dans les ordres.

Ils doivent donc enquêter ensemble, et éclaircir ce mystère. Mais ils se heurtent à quelques difficultés, et surtout, les cadavres s’accumulent sous le toit de l’abbaye de Whitby...

Dans ce premier tome de la série, nous faisons connaissance avec les deux protagonistes principaux des enquêtes qui s’enchaîneront dans la série. Nous rencontrons tout d’abord Soeur Fidelma, une irlandaise au caractère bien trempé, très fière de ses origines et de son statut en Irlande (elle est avocate à un très haut degré). Elle est confrontée à Frère Eadulf, de caractère plus doux, mais qui est aussi habitué à enquêter seul. Ils sont opposés par leurs origines, leur sexe, leur obédience, leur caractère, mais ils doivent aller au-delà de ces considérations pour travailler ensemble. Nous apprenons aussi beaucoup de chose sur l’histoire de l’église dans les royaumes saxons et irlandais, et sur l’histoire politique de ces pays, leur organisation juridique... L’Irlande semble être très organisée et en avance sur son temps, les femmes ont un statu égal à celui des hommes, elles peuvent donc discuter avec eux sur un pied d’égalité. Et Fidelma est très attachée à cet aspect des choses, alors qu’elle est confrontée à des hommes qui ne pensent pas de même. Elle ne manque donc pas de le rappeler. Cependant, le début du roman est un peu long, car il faut le temps de tout mettre en place, les personnages (aux noms à coucher dehors, ou du moins imprononçables), les lieux, les contextes politiques compliqués, les différents peuples qui s’affrontent... Mais une fois que l’enquête commence véritablement, tout va très vite. Il y a aussi un aspect dérangeant, c’est qu’à l’époque le célibat n’était pas encore obligatoire dans le clergé, et cela rend les choses un peu compliquées à suivre parfois. Mais on s’en accommode vite, malgré la mise en garde préalable de l’auteur, car cela passe assez bien dans l’ensemble. Pour un peu, on oublierait même cet aspect des choses !

J’ai beaucoup aimé cette lecture, et les personnages sont sympathiques. On se laisse prendre par l’enquête, on a même du mal à aller aussi vite de Soeur Fidelma, dans la résolution de l’énigme. Pourtant, nous avons les mêmes indices qu’elle ! Et jusqu’au bout, on conserve des doutes, on ne sait pas trop pour qui se prononcer, qui est le coupable ? Soeur Fidelma est considérée par les critiques comme "Frère Cadfael au féminin"... Eh bien, pour avoir lu tous les Frère Cadfael, je dois dire que le seul point qui les rapproche est leur appartenance au monde religieux ! Pour le reste, je n’ai pas trouvé tant de ressemblances que cela... A part aussi dans la localisation géographique ? Mais à part ça, autre temps, autre moeurs, cela ne se ressemble pas tant ! Vraiment, une bonne lecture policière pour l’année. Il n’y a pour l’instant que cinq tomes traduits en français, mais nous devrions bientôt en voir paraître d’autres, car il y en a vingt-deux en tout en anglais !

  • Peter Tremayne
  • 10 x 18

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