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Alain Mabanckou

mardi 24 février 2009, par Thibault Bonnafoux

Alain Mabanckou est né en 1966 au Congo-Brazzaville. Diplômé d’université, il travaille d’abord pour Suez et la Lyonnaise des Eaux avant que son désir d’écriture ne prenne le dessus. Poète, il se fait surtout remarqué par ses romans comme Verre Cassé et notamment Mémoires de porc-épic avec lequel il obtient le Prix Renaudot 2006. Il est actuellement enseignant de littérature francophone aux Etats-Unis à la prestigieuse UCLA (Université de Californie à Los Angeles).

Comme tout dandy qui se respecte, il aime la Sape avec ses cols italiens et ses Weston. Mais cet africain que ses amis surnomme « Fessologue », néologisme désignant l’expert de la Face B des femmes, est en proie aux doutes après que sa femme l’ai quittée pour un musicien qui comme il dit : « n’est pas connu en France, y compris à Monaco et en Corse. » Partageant son temps entre discussion au Jip’s, bar du 1er arrondissement dans lequel il retrouve ses amis africains, et à l’écriture grâce à cette machine à écrire qui lui plait tant. Il exprime ce qu’il vit au jour le jour : les altercations avec son voisin raciste, le départ de sa femme et de sa fille, les derrières des passantes et les polémiques sur la colonisation. Mais cela n’est pas du goût de ses compagnons du continent qui ne voit dans son nouveau passe-temps qu’une façon d’exprimer sa tristesse et sa colère. Extrait :

« Ça tombe bien, Fessologue, tu es là, je t’attendais ! Paul du grand Congo m’a appris que tu écris des trucs et que ça s’appelle Black Bazar ! C’est quoi cette arnaque que tu nous prépares ? Pourquoi écris-tu ? Tu crois que c’est tout le monde qui peut écrire des histoires, hein ? Est-ce que c’est pas par hasard une nouvelle astuce que tu as dénichée pour te mettre au chômage, passer entre les mailles des filets du système, piquer les allocations, creuser au passage le trou de la sécu et mettre en panne l’ascenseur social de la Gaule ? »

Cette trame entre passage sur l’amour et réquisitoire (ou non) contre le colonialisme fait de ce roman un subtil mélange dans lequel l’auteur souhaite montrer les disparités idéologiques de ses acolytes africains et décrire ce que peut être une vie d’immigré de nos jours dans la capitale.

  • Black Bazar
  • Seuil

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