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Catherine courage

lundi 10 décembre 2007, par La Livrophile

L’histoire commence en 1891. Catherine Coijebeur, la fille de Maria Vandamme, n’ayant pas assez d’argent, n’a pas pu passer son bac et étudier la médecine, comme elle le voulait. Un jour, un enfant meurt dans ses bras, une jambe arrachée. C’est là que Catherine, enragée de n’avoir rien pu faire pour cet enfant, jure qu’elle sera médecin par n’importe quel moyen. Sa route sera semée d’embûches. Elle devra travailler en plus de ses cours, elle devra faire face à la réprobation, et même à ceux qui veulent carrément l’empêcher d’atteindre son but. Un obstacle imprévu surgit, lorsqu’elle devient amie avec Mathilde, qui lui demande de l’aider à garder son bébé. En effet, Mathilde est fille-mère, et pour l’époque, c’est très mal vu. Elle a donc été envoyée dans la "maternité" où travaille Catherine pour accoucher. Ensuite, son bébé sera donné à une famille. Mais Mathilde ne veut pas l’abandonner...

Après "Maria Vandamme" et "Alice van Meulen", Jacques Duquesne nous montre encore une femme qui se bat, qui a du caractère. Catherine est une pionnière. Elle ne veut pas se contenter d’être mère au foyer. Elle a une passion qu’elle veut suivre. C’est une femme, et elle veut aller à l’université, faire des études, et exercer un métier prestigieux. Elle rencontrera des gens de très mauvaise foi, qui essaieront de la faire échouer, ou de la dissuader, sans chercher à savoir si elle est apte ou non à être médecin, mais juste parce qu’elle est une femme. Même ceux qui ont confiance en Catherine, et qui connaissent ses capacités, ne l’ont pas toujours encouragée. Alice van Meulen (Voir "Maria Vandamme", et "Alice van Meulen" pour voir de quelle façon elle est attachée à la famille de Catherine), qui s’est elle-même démarquée en tant que femme, a voulu aider Catherine, mais a également essayé de la dissuader. Bien sûr, lorsque Catherine décide de reprendre ses études sans l’aide de personne, elle fait tout pour réparer son abandon, mais il n’en reste pas moins qu’elle avait essayé de la dissuader, et avait arrêté de l’aider financièrement.

Catherine bouscule les moeurs de son époque, où même certaines personnes ouvertes d’esprit, ont du mal à imaginer une femme médecin. Elle ne devra pas faire aussi bien, mais mieux que les autres. Heureusement, Catherine se fera de vrais amis qui la soutiendront totalement dans son projet. Elle rencontrera même un homme qui n’aura pas peur d’une femme qui veut faire autre chose que la cuisine et les enfants.

L’histoire de Catherine est toujours d’actualité, à mon avis. Même si c’est un roman, cela sonne terriblement vrai. Les femmes médecins, c’est normal, aujourd’hui, mais il faudra toujours se battre, si on est un peu différent de ce que la mentalité de l’époque croit être la norme. Ce roman nous montre que ce qui nous paraît normal aujourd’hui a semblé incongru à une époque. Il peut donc forcer le lecteur à faire preuve d’ouverture d’esprit, et à se demander pourquoi la société trouve telle chose incongrue aujourd’hui.

Notons une petite incohérence. Elle ne nuit pas à l’histoire, et on ne la remarque que si on lit le livre plusieurs fois. A un moment, un ami de Catherine est blessé. Sa compagne est très inquiète, elle supplie Catherine de le sauver. Plus tard, l’ami en question dit des choses qui ne plaisent pas à Catherine. Sa compagne lui dit de se taire. Et c’est là que Catherine pense que c’est la première fois qu’elle entend la voix de la femme. A noter que le film n’est pas trop mal, mais il vaut mieux lire le roman.

  • Jacques Duquesne
  • Grasset

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