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Effraction mentale

vendredi 7 décembre 2007, par La Livrophile

Stéphane Helman est médecin. Il s’occupe surtout de télépathie.

Stéphane, sa fille Amy, et leur gros chien Wolf, déménagent. Ils quittent l’Allemagne pour les Etats-Unis. Stéphane va travailler dans un institut où l’on a besoin de ses compétences en télépathie.

C’est alors qu’Amy commence à faire de curieux rêves. Elle y entend d’abord une voix, la voix d’un jeune garçon qui lui dit : "Je ne suis pas un assassin.", et "Aide-moi !". Amy se demande si elle ne devient pas folle, puis elle commence à prendre cela au sérieux. Plus tard, la voix lui apprend son nom. Amy veut aussitôt retrouver ce jeune garçon pour essayer de l’aider. Elle va même jusqu’à en parler au shérif, avec qui elle s’entend bien.

D’un autre côté, à l’institut, Stéphane va de surprise en surprise. Il découvre d’abord le cadavre du docteur Wentworth, l’homme à qui il succède dans les expériences télépathiques. Ensuite, le directeur de l’institut lui présente celui qui a assassiné Wentworth.

J’ai beaucoup aimé ce livre. D’abord, le suspense commence assez tôt et dure assez longtemps. Il y a quelques retournements de situations, et cela relance l’intrigue lorsqu’elle menace de s’enliser. D’autre part, la télépathie est quelque chose qui pique toujours la curiosité du lecteur, et l’auteur exploite très bien le sujet.

Lorsqu’on découvre qui est le jeune garçon que cherche Amy, et lorsqu’on se rend compte de ce qu’on veut lui faire, le cauchemar commence. Malheureusement, ce garçon est une proie facile pour des hommes sournois qui ne penseront qu’à l’exploiter, qui penseront tellement à utiliser son don qu’ils en deviendront fous. Malheureusement, l’auteur n’a que trop raison. Ici, les hommes découvrent un don ou une possibilité : ils ne veulent que l’exploiter en faisant peu de cas des sentiments de la personne, comme si ce n’était qu’une machine. On ne peut s’empêcher de penser que si un tel don était découvert dans notre société, la même chose se produirait.

Certains thèmes sont donc peut-être éculés, comme celui-ci, mais il n’est pas mauvais qu’on se le rappelle. Malheureusement, ça fait un peu les gentils Stéphane et Amy qui vont combattre les méchants pour sauver quelqu’un. C’est un peu manichéen. La psychologie des "méchants" n’est pas trop creusée, mais leur avidité s’explique quand même assez bien. D’autre part, on se doute très vite que Stéphane et Jill vont sortir ensemble.

Autre chose m’a un peu embêtée dans la structure du livre. Le prologue est au coeur de l’action. C’est-à-dire que le livre commence en pleine intrigue, alors que le lecteur ne sait rien. Personnellement, je n’aime pas trop ce procédé qui m’ennuie, parce que je ne partage pas la tension des personnages, n’en connaissant pas la cause. Mais ce n’est que mon avis.

De plus, parfois, on voit un personnage dans une situation, et après, on voit comment il s’y est mis. Cela peut être intéressant, mais ici, cela engendre quelques longueurs.

Malgré ces petites choses, j’ai beaucoup aimé ce livre, qui, à mon avis, est une réussite : une intrigue bien menée, un suspense qui ne laisse pas le lecteur reprendre son souffle, des personnages principaux attachants, un jeune garçon qui veut s’en sortir, qui aspire à la paix, à être compris et aimé. Et une histoire d’amour qui commence par télépathie, n’est-ce pas romantique ? Je vous le conseille !

Joachim Koerber est le traducteur allemand de Stephen King. "Effraction mentale" est son premier roman.

  • Joachim Koerber
  • Robert Laffont

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