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Gilles Ciment donne les "vrais" chiffres d’Angoulême

mercredi 4 février 2015, par Georges Fernandes

Sur sa page Facebook, Gilles Ciment écrit ce qui ce dit depuis de nombreuses années dans le milieu de la BD.
« D’ordinaire, chaque année, on lit dans la presse du lundi le chiffre annoncé de façon tonitruante par l’organisateur du festival dès le dimanche soir à 19h : celui d’une fréquentation record (l’an dernier : "plus de 200.000 visiteurs" !). Curieusement, cette année, aucune trace d’une quelconque annonce. Il faut dire qu’une étude commandée par le Conseil général, remise juste avant le festival, faisait état de "15.000 à 20.000 visiteurs", et que le Préfet de Charente lui-même (lui qui est en charge du déploiement des forces de sécurité et de maintien de l’ordre) envisageait, la veille de l’ouverture, d’un "effet Charlie" qui pourrait bien faire doubler la fréquentation habituelle du festival, pour atteindre "40.000 visiteurs". Dans ces conditions, comment annoncer un chiffre ? Continuer de mentir à la presse, donc aussi aux exposants qui louent leur stand à prix d’or, aux sponsors qui misent gros, aux collectivités et à l’Etat qui subventionnent massivement, en annonçant 220.000 visiteurs, ce serait un peu gros. Annoncer un chiffre honnête, ce serait déchoir. Nous ne saurons donc jamais si l’effet Charlie a été positif (visiblement oui pour le musée de la BD qui abritait une rétrospective de couvertures de Charlie Hebdo et pour sa librairie), négatif (comme pouvait le laisser craindre les allées des stands les deux premiers jours), ou nul (comme le laissent entendre des éditeurs qui indiquent avoir "fait leur chiffre", ni plus ni moins). Dommage. Mais on y aura gagné un peu de transparence, qui permet enfin de relativiser les choses et de mettre des données en perspective. »
Et plus loin il écrit :
« Le chiffre "habituel" tourne depuis quelques années autour de 200.000. Quant aux 20.000, ils sont cohérents avec un certain nombre d’indicateurs ; les 22.000 personnes de la "marche du 11 janvier", qui donnaient une idée de la masse que cela représente dans les rues d’Angoulême ; les 450.000 euros de billetterie (tout compris) à rapporter aux pass vendus entre 11 et 35 euros ; la fréquentation (contrôlée par une société indépendante) de la Cité de la BD qui abrite depuis plusieurs années les grandes expositions les plus convoitées, située entre 13.000 et 16.000 visiteurs ; l’effet sur la consommation carte bleue, de 45% supérieure à un week-end normal ; le nombre de lits disponibles en hôtels et chez l’habitant (pas plus de 2.000 en tout) ; la capacité d’accueil des bulles et le temps qu’y passent les visiteurs... Tout converge vers un chiffre de 20.000, qui pourrait éventuellement s’élever à 30.000, mais pas plus. Et la part des Charentais y est importante. Mais c’est déjà très bien, pour un festival au sujet très particulier, dans une ville de la taille d’Angoulême. Ça reste le plus grand festival de bande dessinée d’Europe. Et il rapporte 1,3€ net au territoire pour 1€ d’argent public versé. »
Pour le moment les organisateurs du festival n’ont pas encore eu de réaction.

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