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Gradisil

jeudi 21 octobre 2010, par François Membre

Une science-fiction classique dans cet épais ouvrage de 769 pages. Divisé en trois parties d’inégales longueurs Gradisil d’Adam Roberts décrit une saga familiale un peu particulière. Chacune de ces parties étant prise en charge par un membre d’une nouvelle génération et assumée à la première personne. Il s’agit donc d’un récital de "je" à trois voix.

Quand commence l’histoire, la preuve est faite depuis quelques années ! Avec ses fusées, la NASA a perdu la course à l’espace et pourtant les cieux sont bien ouverts à l’homme... d’audacieux pionniers à bord d’avions bidouillés se sont lancés dans la conquête spatiale et la colonisation de la proche banlieue de la Terre. Les Hautes-Landes, une zone comprise entre notre planète et la Lune, sont peu à peu annexées et habitées par les hommes. Bien sûr, ils ne sont pas nombreux et tous sont riches ou très riches. En vivant là-haut, ils achètent un bien précieux, la liberté !

Parmi ces hommes, Miklos, le père de Klara. Pour réaliser un profit supplémentaire il va louer sa maison en orbite à Kristin. L’appât du gain est un mauvais conseiller, cette femme est un tueur en série qui va l’abattre. Après quelques années passées chez les uns ou les autres, Klara regagne la Terre pour accoucher mais elle garde toujours en elle un double but : retourner dans les Hautes-Landes et venger son père.

Perdre la guerre pour gagner la paix

La seconde partie est consacrée à Gradisil, la fille de Klara. Après une guerre éclair entre l’Union européenne et les Etats-Unis, elle épouse un millionnaire –fou amoureux d’elle– qui l’emmènera dans les Hautes-Landes. Mais Gradisil est une femme de tête. De ce pays imaginaire, ce refuge pour milliardaires introvertis, que sont les Hautes-Landes elle veut faire une nation d’un nouveau genre.

S’attardant peu sur l’aspect technique de cette conquête orbitale, l’auteur préfère se pencher sur l’aspect politique des choses. Les relations amour-haine entre les Etats-Unis et l’Union européenne en sont un bon exemple puisque débouchant sur la guerre. Nation impériale, les Etats-Unis sont néanmoins partiellement ligotées par une judiciarisation poussée à l’extrême : une fois la guerre terminée, les avocats prennent les choses en main et le vainqueur du conflit est désigné après un jugement.

Animal politique à sang froid, Gradisil, sans armée et sans budget saura tirer parti de ce phénomène. Tout comme, réutilisant le fil unissant le Christ et Judas, elle saura se mettre en scène pour accoucher d’une nouvelle nation par l’exemplarité de son sacrifice.

Au final un ouvrage qui permet de combler un blanc dans l’histoire du futur avec une vision cohérente et assez globale même si elle n’est montrée que par quelques individualités dont les rouages personnels sont bien mis en place.

Au chapitre des reproches l’on trouve quelques longueurs et une faute de français récurrente. Les habitants de la Haute-Saône sont les Haut-Saônois, ceux de Haute-Marne des Haut-Marnais, alors pourquoi diable les habitants des Hautes-Landes sont-ils nommés des Hautes-Landais ? Quelqu’un a-t-il eu peur d’une confusion avec les Hollandais ? Je sais bien que l’espace manque de relief mais craindre de le voir rivaliser avec le Plat pays, c’est un peu limite !

Gradisil

Auteur : Adam Roberts

Traduit de l’anglais par Elisabeth Vonarburg

Nominé pour le prix Arthur C. Clarke en 2007

Éditeur : Editions Gallimard Collection folio SF, 769 pages

Prix : 10,90€

ISBN 978-2-07-039672-6

  • Adam Roberts
  • Gallimard, Collection folio SF

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