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Histoire des détectives privés en France (1832 -1942)

lundi 5 novembre 2007, par Françoise Bachelet

C’est François Eugène Vidocq qui est à l’origine du métier de détective privé en France en créant en Novembre 1832 à Paris, plus précisément au 12 rue de la Cloche Perche, le « Bureau de Renseignements Universels » dans l’intérêt du commerce et des particuliers !

Le Paris de la monarchie de Juillet, âge d’or de l’affairisme était peuplé de banqueroutiers, manipulateurs appelés faiseurs, de faux commerçants, ceux qui font métier d’acheter sans payer c’est-à-dire d’escroquerie. A ces opérations strictement commerciales, s’ajoutaient une foule de petits services : placements, transactions, recherches d’objets perdus .... Le mariage, à la croisée de l’individuel et du social est l’épi centre de nombreux conflits. L’activité s’élargit donc : d’enquête de moralité on passe à surveillance d’adultère !

Vidocq mena de main de maître son Bureau grâce à une bonne stratégie commerciale, un réseau vaste et dense de « correspondants » puisé pour un bon nombre dans son carnet d’adresse constitué grâce à ses anciennes fonctions officielles ainsi qu’une rigoureuse discipline. Le réseau ainsi constitué couvrait une grande part du territoire national et s’étendait même en Belgique, en Allemagne et aux Pays Bas.

L’essor de l’activité fut moins rapide et plus difficile qu’ailleurs, il n’en fut pas moins indéniable. En effet, les « détectives privés ont d’abord prospéré dans des pays où n’existait pas de police étatique. Et puis surtout, ils n’étaient pas bien vus, on les traitait souvent d’intrus, de mouchards et même d’espions. Vidocq lui-même fut condamné plusieurs fois par ses nombreux détracteurs dont faisaient partie les acteurs institutionnels et des agences concurrentes. De plus, des années 1830 au milieu du XXème siècle qui marque la relative institutionnalisation de cette profession, l’agent d’affaires est celui qui, sans caractère public, fait profession de donner moyennant salaire ses soins aux affaires d’autrui. Son champ d’application est en fait illimité et le vide juridique immense ! Afin de réglementer la profession, certains revendiquent des compétences, un savoir faire et une déontologie professionnelle. C’est dans ce but que fut crée en 1866 le syndicat des hommes d’affaires. Et ce n’est qu’en 1942 qu’une loi va leur être consacrée, leur reconnaissant une existence légale, et les rebaptisant : agents privés de recherches.

En créant son bureau de renseignements universels, Vidocq ne pouvait pas soupçonner qu’il serait également à l’origine de la création de nouveaux métiers comme les huissiers, les généalogistes, les conseillers juridiques et financiers, sans compter les sociétés de surveillance et de gardiennage.

Ce livre a demandé beaucoup de travail de recherche à son auteur d’autant plus qu’il n’existe que peu de renseignements « directs », les dossiers étant détruits ou restitués dans les quelques mois qui suivaient leurs clôtures. Il a donc fallu se tourner vers d’autres sources telles que les actualités et les faits divers de l’époque mais aussi la littérature qui a inspiré un grand nombre de personnages de roman noir.

A lire pour apprendre à mieux connaître ceux que l’on appelle « détectives privés » et donc la côte de popularité n’a toujours pas exploser, du moins en France.

  • Dominique Kalifa
  • Nouveau Monde Editions

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