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Histoires inédites du petit Nicolas

mercredi 28 novembre 2007, par La Livrophile

Goscinny est l’un des pères des aventures d’Astérix, Obélix et de toute une bande de Gaulois que nous connaissons bien et qui continuent à résister encore et toujours à l’envahisseur romain, mais aussi d’un Indien, Oumpah-Pah le peau-rouge (toujours en collaboration avec Uderzo). Il fut le scénariste de nombreux autres héros et dessinateurs de BD, et également l’auteur d’histoires plus ou moins courtes pour adultes et pour enfants, partant du principe qu’un adulte a été un enfant un jour et qu’il doit savoir garder cet émerveillement que l’on a tendance à perdre en grandissant.

Sempé est quant à lui un dessinateur plein de poésie et de tendresse, maniant l’humour et le cocasse comme il manie sa plume et ses pinceaux (il y a pas mal de dessins à l’encre), nous régalant d’un monde qui nous semble parfois décalé, car il reflète la société des années 60-70-80. En quelques traits simples et touches de couleurs, il retrace un univers de poésie et de tendresse, d’humour parfois caustique et corrosif, sachant très bien tirer à celui qui le regarde et le lit un sourire rarement jaune...

Tous deux se sont associés pour créer une bande de personnages sympathiques et enfantins, l’un écrivant les textes que l’autre illustrait avec plaisir, et c’est aujourd’hui avec émotion que nous avons l’occasion de nous replonger dans cet univers de l’enfance et de l’école.Qui n’a jamais lu, dans son enfance, au moins une histoire du Petit Nicolas ? Qui ne se souvient avec tendresse de ces petits personnages, Rufus, Agnan, Alceste, Geoffroy, et tous les copains de l’école ? Qui n’a jamais tremblé en lisant les mimiques du Bouillon, n’a jamais eu peur de le rencontrer au coin de la rue ? Et les histoires entre les adultes, qui se révèlent parfois aussi gamins que leurs enfants ?

Le Petit Nicolas et sa bande copains nous ont tous séduits dans notre enfance, ils sont restés vivaces dans notre souvenir. Il y en avait plusieurs tomes, Le Petit Nicolas, Les Vacances du Petit Nicolas, La Rentrée du Petit Nicolas... Mais voici qu’en rangeant les papiers de son père, la fille de Goscinny a retrouvé par hasard une somme de nouvelles histoires, encore jamais publiées en recueil, mais déjà toutes illustrées par l’illustre Sempé, et qu’elle décide d’en faire profiter le public. A la rentrée dernière, cette somme de quatre-vingts nouvelles histoires fait un tabac, les adultes s’y replongent avec délice, puis le prêtent à leurs enfants et petits enfants, (re)découvrant ces petits personnages plein de tendresse et d’humour qui portent un regard d’enfant sur le monde qui nous entoure.

Nous découvrons au fil de ces petites histoires l’aménagement de nouveaux voisins (et l’avènement de la jeune Marie-Edwige dans la vie de Nicolas), les disputes de Papa avec Blédurt, le voisin, les jeux entres les jeunes garçons, l’anniversaire de Geoffroy, le train électrique d’Alceste, la nouvelle voiture de Papa, le nouveau surveillant de l’école, M. Mouchabière, la punition collective surveillée par le Bouillon, la maîtresse remplaçante de Nicolas... Autant de personnages qui nous deviennent aussi familiers que si nous les avions toujours connus !J’ai beaucoup aimé me replonger dans ces histoires. La narration se fait à la première personne, c’est Nicolas qui parle. Il est encore jeune et ne sait pas toujours bien s’exprimer, ce qui se ressent dans ses paroles (ils sont toujours "un tas de chouette copains"), il fait souvent de grandes digressions pour raconter tel ou tel événement qui n’a pas forcément rapport avec le propos principal, mais cela reflète très bien la façon qu’ont les enfants de s’exprimer quand ils racontent des histoires. Certes, les repères sont un peu passés aujourd’hui, car le cadre principal des aventures de Nicolas est une école de garçons des années 60, mais cela ne fait rien, on ne s’en rend presque pas compte. Il n’y a aucune date, aucun nom de ville, aucun repère temporel précis, ce qui nous permet de placer la narration partout où on le souhaite.

Toutes ces histoires sont le reflet d’une certaine nostalgie, celle du temps de l’enfance, qui passe toujours trop vite. Mais grâce au génie de l’écriture qui suit Goscinny dans tous ses écrits, nous pouvons avec délices nous retrouver dans ces histoires, et retrouver pour un temps cette enfance partie depuis longtemps, mais toujours présente dans un coin de notre mémoire... Pour ne rien gâcher, la vision qu’a Nicolas du monde des adultes est souvent faussée, ce qui fait qu’il nous livre une interprétation erronée de ce qui se passe, et permet souvent d’introduire une touche d’ironie dans le récit ! (souvent à la fin, d’ailleurs, en touche finale...)

Je ne peux donc que vous conseiller cette agréable lecture. Cela va très vite, les histoires ne dépassent que rarement les dix pages, et le temps passe trop vite quand on s’y plonge... Bonne lecture !

  • Sempé et Goscinny
  • IMAV

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