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La Mort blanche

lundi 27 mai 2013, par François Membre

Petites causes, grands effets...

Quand un cas particulier engendre la plus grande des catastrophes humaine.

Alors que le terrorisme tend à se répandre un peu partout, Voici une réédition attendue. Il y a trente et un ans, la collection Ailleurs & Demain nous offrait un livre qui sortait du registre habituel de Frank Herbert. « La Mort blanche » s’inscrit bien loin de « Dune » et de sa gigantesque et de sa proliférante saga futuriste.

Bien sûr, en plus de trente ans, certains éléments ne sont plus en phase avec l’actualité. C’est le cas de la guerre civile qui ravageait l’Irlande du Nord avec ses attentats et une impitoyable répression militaire. Que ces événements soient dépassés et une bonne chose mais la violence et la haine sont toujours présentes et frappent toujours des innocents de façon aveugle.

Dans « La Mort blanche », le futur c’est aujourd’hui. Bien que non datée, l’action se déroule dans la période contemporaine entre maintenant et dix ans au maximum. L’action se déroule essentiellement en Irlande avec accessoirement des passages aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, la France, elle, est représentée par une minable chambre d’hôtel parisien.

Le récit démarre par un fait divers si banal que les journaux n’y prêtent que peu attention un attentat est commis à Dublin par l’IRA Provisoire. Un scientifique américain voit sa femme et ses enfants tués par l’explosion d’une voiture piégée.

Profondément traumatisé par l’événement, il jure de venger ses morts par des représailles contre les coupables de cet attentat (les Irlandais qui l’ont commis, les Britanniques qui en sont la cause et les Libyens qui fournissent les armes et les camps d’entrainement des terroristes. Pour ce faire (et c’est là le seul véritable élément SF de ce livre, notre héros, qui est biologiste moléculaire, invente un virus qui e la particularité de s’intégrer â l’ADN des êtres humains. Ce virus, à l’inverse de l’hémophilie, sera véhiculé par les hommes (auxquels il causera tout au plus un léger rhume) pour s’attaquer aux femmes pour qui il sera toujours mortel. Sans aucune possibilité de guérison !

Mais cette épidémie qui devait être circonscrite aux trois pays visés débordé largement sur toute la planète faute de mise en quarantaine sérieuse. A la fin du livre, la population s’élève en moyenne à une femme pour 10 000 hommes.

L’auteur nous montre la lutte des grandes nations pour tenter de parer au sinistre en atomisant sans pitié certains foyers d’épidémie (Rome où se trouve le Pape), de nombreux états arabes, Israël miraculeusement indemne se voit contraint à une nouvelle diaspora. Des ceintures de feu sont placées autour des centres épargnés comme Washington. Les nations volent en éclats, chaque petite région interdisant à quiconque de pénétrer sur son territoire. Mais si Herbert nous montre ceci qui est plus que plausible, il omet de nous montrer l’économie qui doit obligatoirement s’effondrer, il survole trop rapidement le désespoir de ces êtres à qui l’avenir est brutalement confisqué, car sans femme il ne saurait y avoir d’enfant. Alors pour qui et pour quoi travailler s’il n’y a personne pour assurer la relève. Les Irlandais de Herbert sont des gens très civilisés qui prennent assez bien la chose, c’est presque le flegme anglais.

Pendant ce temps, l’auteur de la plus grande vengeance de tous les temps est retourné en Irlande. Mais est-ce bien lui ? Ou bien est-ce celui qui est en lui ? En effet, il est atteint d’un dédoublement de la personnalité. Le moi fragile et traumatisé de John Roe O’Neiil s’est effacé pour laisser la place à John Garrech O’Donnell qui, s’il a le corps de O’Neill n’en e pas les pensées même s’il est contraint d’exécuter le plan mis au point par O’Neill.

En définitive un roman de poids où même les personnages secondaires ont une réalité tangible. Un livre dense et qui sous certaines conditions d’aménagement pourrait effectivement servir d’exemple aux innocents excédés par un terrorisme aveugle et continuel.

La Mort blanche

Frank Herbert

Traduction Jacques Polanis

Ailleurs & Demain

Robert Laffont

576 pages

24 euros

  • Frank Herbert
  • Ailleurs & Demain, Robert Laffont

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