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Le Bal de l’Equarisseur

mercredi 18 mai 2011, par François Membre

Coup de blues ou véritable passion pour l’histoire ? Du juge Ti à Vidocq en passant par frère Cadfael, Nicolas Le Floch et bien d’autres, le polar historique a toujours eu ses fans. Ce second épisode des aventures de l’inspecteur François-Claudius Simon ne les décevra pas.

Juin 1919, trouver de la viande froide aux abattoirs de la Villette, ce n’est pas extraordinaire. Dans le plus grand centre d’abattage de France, le bétail entre sur pieds et ressort en pièces détachées pour les boucheries parisiennes. Mais, ce jour là, parmi les carcasses de porcs, c’est un cadavre de femme que découvre un commis. De plus, la trouvaille macabre est porteuse d’un message calligraphié sur son corps : « Chacun son tour ».

Le Quai des Orfèvres est chargé de l’enquête et l’équipe de l’inspecteur François-Claudius Simon hérite du dossier. Son succès dans « l’affaire des Gueules cassées » explique pourquoi ses chefs lui confient cette mission spéciale. Mais cela ne va pas être simple car les cadavres ont une fâcheuse tendance à s’accumuler même aux endroits les mieux protégés. Les cuisines du Ministère de la Guerre où réside Georges Clémenceau, le Président du Conseil lui-même, héritent d’une jambe porteuse d’une étiquette : « De la viande pour le Tigre ». Inutile de dire que le Tigre n’apprécie pas la plaisanterie d’autant plus que les Allemands rechignent à signer le Traité de Versailles qu’ils jugent trop dur pour le Reich. Si dans la presse ou dans les rues tout le monde affirme « le Boche payera », celui-ci n’est pas d’accord pour autant. Et les meurtres succèdent aux meurtres avec toujours des billets invitant à reprendre la guerre... ou alors, Clémenceau est-il la cible secrète d’un mystérieux assassin ?

Un polar sans faute

Dans ce polar historique, l’auteur fait un sans faute. Agrégé d’histoire, Guillaume Prévost qui enseigne dans un lycée de la région parisienne nous en restitue la saveur intacte au travers de différentes scènes qui fleurent bon l’encaustique et la naphtaline d’antan. Les guinguettes et les bals musettes au bord de la Marne, l’intérieur d’une épicerie « à l’ancienne » sans surgelé mais avec des épices en vrac et des bonbons au détail, le Montparnasse des artistes qui s’appellent Pablo Picasso, Modigliani, Soutine ou Eric Satie. A côté de ces personnages célèbres, l’on trouve encore Georges Mandel mais aussi des personnages secondaires –mais attachants– tels cet ancien tirailleur sénégalais réformé après avoir été gazé aux combats.

Une intrigue policière à suspens et bien écrite avec une galerie de personnages hauts en couleurs, une recette idéale que l’on aimerait retrouver dans d’autres épisodes. Au final, on ne sait plus s’il s’agit d’un polar qui a l’Histoire pour trame de fond ou d’un livre historique qui se sert d’une intrigue policière pour être plus séduisant. Un dilemme qui n’a que peu d’importance car le plaisir est au rendez-vous.

Guillaume PREVOST

Le Bal de l’Équarrisseur

Éditions NiL

ISBN : 978-2-84111-446-7

Nb. de pages : 307 pages

20 euros

  • Guillaume Prevost
  • NiL

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