Critiques littéraires de livres et BD, actualités de la lecture

Accueil > Critiques > Romans > Le frère préféré

Le frère préféré

samedi 4 octobre 2008, par Lamia Barbot

Un jeune garçon de quinze ans retrouve son grand frère de vingt-trois ans –le narrateur- pour un séjour de sept jours à Paris. Sept jours pendant lesquels l’Amour et le désir vont s’inviter dans leurs balades à travers les rues de la Capitale. Tel un couple d’amoureux, ils vont errer dans les parcs et les monuments parisiens, pour se retrouver seuls le soir, dans un hôtel du XVème arrondissement. Une fois la porte de leur chambre fermée, les tendresses des deux frères se transforment en des caresses incestueuses. Mais la semaine se termine et le narrateur se retrouve seul, seul avec son amour honteux pour son jeune frère. Un amour interdit mais éternel et à jamais présent dans son cœur.

Ce premier roman de Tiery Bourquin s’interprète de deux manières. La première pourrait se résumer en trois mots : pédophilie, homosexualité, inceste. C’est en effet les conclusions que l’on peut tirer de ce roman, si l’on ne cherche pas à voir plus loin que ce qui nous y est conté. Mais si on fait l’effort de faire abstraction de l’inceste, alors ce roman se résume en d’autres mots, comme amour, passion et malheureusement aussi, souffrance. Car même si l’histoire peut choquer, derrière l’inceste se cache une histoire d’amour. Un amour certes interdit mais tout aussi beau qu’un amour entre un homme et une femme, ou entre deux hommes, ou entre deux femmes. Le seul crime commis par le narrateur -auteur ?- est d’être amoureux de son frère. Un amour presque évident puisqu’il est son frère et qu’il a pour lui une admiration sans faille, mais perturbée par un désir sexuel dérangeant.

Le frère préféré aborde des tabous de notre société d’une manière poétique mais aussi brutale. Parfois peut-être trop crûment, à la limite de la pornographie. Une pornographie qui plus est incestueuse ! J’ai, pour ma part, dû m’accrocher pour passer les premières pages relatant la semaine des deux frères à Paris. Mais la suite du livre en valait la peine. Tout d’abord pour le style de l’auteur, remarquable et agréable. Puis, pour les références littéraires qui donnent au récit une profondeur rare. Et enfin, pour aller au-delà de ce que l’on peut penser de l’inceste. Car on oublie souvent que, derrière ces relations interdites, des hommes et des femmes souffrent de ne pas pouvoir aimer librement, ouvertement, l’élu(e) de leur cœur. Et on oublie aussi qu’ils n’ont pas choisi d’être dans cette situation. Ces hommes et ces femmes souffrent toute leur vie à cause de leurs sentiments qu’ils ne peuvent malheureusement pas oublier.

  • Tiery Bourquin
  • Editions Héloïse d’Ormesson

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?