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Le masque de l’oubli

vendredi 4 juillet 2008, par La Livrophile

Paul et Carolle Tracy sont de brillants médecins. Leur mariage est solide. Ils ont le projet d’adopter un enfant, Carolle étant stérile. Le jour où ils commencent les démarches d’adoption, de curieux phénomènes se produisent : un violent orage manque de les tuer, d’étranges martèlements se font entendre dans leur maison... Un peu plus tard, en voiture, Carolle renverse une jeune fille qui, semble-t-il, s’est presque jetée sous ses roues. Heureusement, elle s’en tire. Seulement, elle est amnésique. On l’appelle Jane Doe, nom qu’on donne à toute femme non identifiée. On recherche activement ses parents. Personne me se manifestant, Carolle décide de tenter l’hypnose, afin que la jeune fille retrouve son passé.

Ce thriller fantastique est une bonne découverte. D’abord, il ne traîne pas trop. Ensuite, même si certaines ficelles sont éculées (les esprits frappeurs, les phénomènes naturels cataclysmiques), il remplit bien son rôle : effrayer et tenir le lecteur en haleine. Certains livres d’épouvante veulent tellement en faire, donnent tellement dans le spectaculaire, qu’on n’est pas tellement effrayé : on a juste envie que cela se termine pour pouvoir en prendre un autre. Dean Koontz évite brillamment cet écueil, il sait doser les ingrédients.

Le lecteur se doute de quelques petites choses, par exemple, on sait que Laura est, d’une manière ou d’une autre, liée à Paul et à Carolle. Mais il ne se doute de cela que parce que l’auteur le veut bien.

L’intrigue est bien menée. Le livre démarre lentement (si on excepte le prologue), mais l’histoire s’emballe de plus en plus, et la fin est une course folle. Le prologue est à l’image du livre : une longue descente aux enfers où l’angoisse est savamment instillée. Le lecteur est avec cette adolescente, il ressent ce qu’elle ressent.

J’ai quelques reproches, mais ce sont des détails. Il est dommage que Paul et Carolle aient l’air d’être parfaits. Ils ont plusieurs activités intellectuelles, sont gentils avec tout le monde, etc. Ils sont un peu agaçants. D’autre part, un passage m’a paru particulièrement artificiel... Ces deux personnages ont fait de brillantes carrières, ont des tonnes de diplômes. On peut donc supposer qu’ils savent réfléchir, savent faire la part des choses, sont ouverts d’esprit. Et on apprend que Paul se dit souvent qu’il a de la chance qu’une si belle femme que Carolle soit mariée avec lui dont le physique est si banal. Dans le même ordre d’idée, on trouve assez rapidement que Carolle devrait demander à sa patiente, alors qu’elle est sous hypnose : « En quelle année sommes-nous ? « On se dit qu’il est étrange qu’une psychiatre si intelligente et fine ne pense pas à cela, surtout que le lecteur avisé l’a déjà deviné.

J’aurais aimé que le livre ne s’arrêtât pas ainsi. Bien sûr, on peut supposer que telle et telle choses vont arriver. On se doute de ce qui aurait pu se passer si le livre s’était poursuivi, mais cette fin abrupte m’a un peu frustrée.

  • Dean Koontz
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