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Les Mondes d’Alastor

lundi 20 décembre 2010, par François Membre

Pour cette réédition, sous forme d’intégrale, de la trilogie des mondes d’Alastor, les éditions J’ai lu offrent un quatrième de couverture d’une scrupuleuse exactitude.

Malheureusement, cette exactitude pêche par sa sécheresse. Pour décrire l’œuvre de Jack Vance, il faut de la démesure, de l’hénaurme. Né en 1916, Vance est l’un des fondateurs de la SF moderne. Avant même de sortir de l’école, il tâte un peu du journalisme puis, avec la Seconde guerre, il entre dans la marine marchande et, tout en bourlinguant sur les océans, il commence à écrire.

Les voyages et l’exotisme se trouvent au premier plan dans la vie de l’homme, l’écrivain va s’en emparer et les restituer à ses lecteurs mais d’une façon amplifiée. C’est tout naturellement que Jack Vance s’impose comme l’un de ceux qui vont régénérer un space opera qui ronronnait sagement entre deux guerres intergalactiques. Vance amène avec lui la magie d’un verbe flamboyant et coloré. Les mondes infinis de Vance sont d’une richesse extraordinaire et les cinq sens sont sollicités par les descriptions de l’auteur qui prépare, sans le savoir, la venue des livres-mondes de la génération suivante. Les preuves de cette puissance descriptive abondent dans ces mondes d’Alastor où ne sont montrées que trois planètes d’un empire de trois mille planètes.

Si, ce qui fait la grande force et l’une des principales originalités du style de Vance, ce sont les descriptions précises où foisonnent autant les couleurs les plus chamarrées que les plus capiteux parfums le tout conforté un exotisme toujours réinventé, il ne faut pas oublier non plus que l’auteur nous offre aussi des systèmes politiques parfois surprenants mais pas impossibles. La richesse des description de l’auteur s’étend à tous les domaines, animal, végétal, minéral, coutumes, civilisations, systèmes politiques tout est prétexte à surprise chez Vance.

Toutes ces choses se retrouvent dans Les Mondes d’Alastor, les descriptions foisonnent, émaillées de petits détails qui donnent une touche d’authenticité, chez Vance l’exotisme ne fait pas toc.

L’histoire se déroule sur trois planètes très différentes mais soumises à l’autorité d’une seule et même personne le Connatic qui fait régner la justice, parfois même en personne, sur les trois mille planètes habitées qu’il gouverne.. Trois planètes humaines aux cultures très contrastées qui vont accueillir, parfois sans le savoir le Connatic et subir sa loi après la résolution d’énigmes policières où l’on voit que parfois, la vie d’un homme ne compte pas beaucoup.

Les Mondes d’Alastor rentrent dans les classiques du space opera et s’avèrent être un texte incontournable. Comme la plupart du temps chez Vance, la quincaillerie technologique n’apparaît que rarement, l’accent étant mis sur l’homme coincé entre ses aspirations personnelles et les contraintes de la société dans laquelle ils vivent.

Une science-fiction à dimensions humaine.

Les mondes d’Alastor

Jack Vance

J’ai lu, collection SF,

parution 25/08/2010

9,90 euros,

768 pages

ISBN 978-2-290-02750-9

  • Jack Vance
  • J’ai lu

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