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Les amants de Saint Pétersbourg

vendredi 14 décembre 2007, par La Livrophile

Dora Kempf est une grande danseuse. Elle vient de perdre son mari, Peter. Elle doit tenir la promesse qu’elle lui a faite : aller en Russie, où celui-ci a vécu, et où il a rencontrer Anna Souvorine, son premier amour. Dora doit tout faire pour retrouver Anna. Anna était, elle aussi, danseuse. Dans leurs jeunes années, Peter et elle étaient heureux, Anna allait avoir un enfant... mais Peter a été arrêté sous un prétexte fallacieux. Lorsqu’il a recouvré sa liberté, Anna avait disparu. Il n’a jamais réussi à la retrouver. Dora, qui ressemble à Anna, comme si elle était sa soeur jumelle à 20 ans d’intervalle, doit continuer sa quête. Elle se rend donc en Russie, et retrace le parcours d’Anna. Toutes les photos d’Anna, toutes les traces qu’elle aurait pu avoir laissées à l’école de danse qu’elle a fréquentée, ont disparu. Quelqu’un est passé par là, et a tout éliminé, comme si Anna devait être rayée de la surface de la terre. Dora rencontre Vladimir qui connut Peter et Anna. Vladimir accepte de lui parler, mais il est terrorisé. Il se sent observé, espionné, traqué. Mais il doit parler. Il a un message pour Anna à propos d’Igor. Avant qu’il puisse dire à Dora qui est Igor, il est assassiné. Dora se rend compte qu’elle a mis le doigt dans un engrenage très dangereux. Quelqu’un s’acharne sur Anna, et s’acharnera sur elle, si elle ne s’en va pas. Mais elle persiste, forte de la promesse faite à Peter...

Ce livre est poignant. On peut lui reprocher quelques incohérences, quelques événements un peu gros... Par exemple, Peter aime Dora pour elle-même, alors qu’au départ, il l’avait remarquée à cause de sa ressemblance avec Anna, qu’il a passionnément aimée. Cette ressemblance physique, tout comme le fait que Dora ait la même passion qu’Anna pour la danse, tout cela est un peu tiré par les cheveux. Ces petits reproches que le lecteur pourrait faire deviennent secondaires, car l’histoire révèle des choses plus importantes. Le lecteur est désemparé de voir le mal qu’un être humain peut faire à un autre. C’est un roman, mais on ne peut s’empêcher de transposer ça dans la réalité, et d’imaginer qu’il existe des hommes aussi fous que celui qui torture Anna. Si Anna est héroïque, on se demande quand même si une personne réelle serait capable de tant de force de caractère. Et où est la frontière entre force de caractère et bêtise, dans ce cas-là ? Il est vrai qu’Anna avait pour but de retrouver son enfant, et c’est pour cela qu’elle a cette force en elle, mais le lecteur à la recherche d’un minimum de vraisemblance se demandera tout de même comment elle supporte tant d’épreuves sans sombrer dans la folie. L’énigme, la recherche d’Anna, est bien menée. Cependant, le livre traîne un peu. Les histoires d’amour ne sont pas très crédibles, mais elles restent secondaires. Le livre reste un bon roman, riche, et agréable à lire.

  • Jean Chapot
  • Albin Michel

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