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Les derniers hommes du Kalahari- A la rencontre des bushmen

mercredi 10 septembre 2008, par Sarah Chelly

L’Afrique du Sud, voilà un pays que peu connaissent. Lointain, exotique, il est surtout renommé pour le combat de Nelson Mandela contre l’Apartheid, les townships de Johannesburg, et sa fameuse équipe de rugby, championne du monde en 2007.

Ce livre nous propose, pour en percer les mystères, une invitation au voyage, sous forme de grand reportage, à travers toute cette région du monde qu’est le Sud du continent africain.

L’auteur, Rupert Isaacson, est un journaliste britannique qui retourne dans la patrie de ses parents pour marcher sur les pas des Bushmen, peuple ancestral vivant de chasse et de pêche, et dont le territoire s’étend sur trois pays : l’Afrique de Sud, le Botswana et la Namibie.

Bercé par les récits idéalistes de son enfance, il va nous emmener à travers ce périple initiatique vers le monde de ses origines et de son cœur.

On est tout de suite propulsé au milieu de ces grandes étendues parfois désertiques, parfois luxuriantes, qui nous font parcourir du fond de notre fauteuil des endroits inespérés.

La découverte des coutumes sans âge de ces peuples, qui étaient d’après l’auteur un des premiers à apparaître sur terre prend une place importante dans le récit.

Leur culture, tout sauf guerrière, trouve ses fondations et ses racines dans d’autres valeurs. En effet, les guérisseurs, avec leurs remèdes à base de plantes médicinales, représentent des figures éminentes de ces communautés. Pour compléter cela, les danses endiablées autour des feux de camp constituent l’occasion pour les villageois d’entrer en transe et en communion les uns avec les autres. Tout ce cadre crée un aspect fascinant, voire envoûtant, comme si l’on se trouvait sans repère de lieu, ni de temps.

Mais ce tableau, même s’il parait idyllique, ne manque pas de poser des questions bien actuelles.

L’auteur va en effet se heurter à la triste réalité : ces populations déplacées, négligées, discriminées, sous estimées, se trouvent ballottées dans un régime post apartheid entre des réserves naturelles et des terres qui ne leur appartiennent plus. D’autres problèmes gangrènent aussi ces sociétés : l’alcool, la violence par exemple.

Le ton est, ironiquement, tout sauf journalistique. On sent, on sait, on devine l’attachement sentimental qui lie l’auteur à cette vie et à ces gens. Il est toujours plus curieux, désireux de découvrir des choses nouvelles et de les aider. Rentrant dans sa peau d’enfant, il en retrouve son innocence, presque même sa naïveté. Son état relève à la fois de l’émotionnel et du réaliste. L’attirance est communicative : nous même lecteur on a envie de faire partie de ce grand voyage.

La politique reste aussi au cœur de ces luttes pour l’indépendance. L’épineux problème de la demande de restitution des terres est expliqué (en toute objectivité, les points de vue de tous les protagonistes étant exposés). On rencontre aussi certaines figures emblématiques de cette lutte, tels que Roy Sesarna et John Hartcliffe, fondateurs du mouvement « First People of the Kalahari ».

Nous découvrons aussi l’Histoire de cette région, ses symboles, en partant de la guerre de Boers pour arriver à la fin de l’Apartheid dans les années 90.

En conclusion, des références Internet sont indiquées pour en savoir plus, et approfondir l’étude de la question, pourquoi pas même aider à notre échelle ces populations qui se perdent. Après tout, l’auteur a accompli une action remarquable en y consacrant toute une partie de sa vie.

  • Rupert Isaacson
  • Editions Latitudes Albin Michel

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