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Les sabots de Paris

dimanche 6 avril 2008, par La Livrophile

1842. Sylvestre-Marcelin Chabrol, maçon, quitte sa Creuse natale pour aller trouver du travail à Paris. Il est gai, plein d’espoir, prêt à travailler de toutes ses forces pour aider sa famille.

Anne (dite Nanette) quitte sa Normandie natale pour chercher une place de domestique à Paris. Elle espère trouver une bonne place, et pouvoir aider sa famille nombreuse.

Aux portes de Paris, Sylvestre et Nanette vont se rencontrer brièvement. Puis chacun ira son chemin. C’est plus tard qu’ils se reverront, se souviendront l’un de l’autre, et feront plus ample connaissance. Ils sont tous deux perdus dans cette grande ville, bruyante, fourmillante. C’est ce qui va les rapprocher.

Ce roman est très agréable à lire. L’auteur dépeint excellemment les décors, l’ambiance de la ville de Paris à cette époque. J’ai été totalement immergée dans l’histoire et dans son décor. Par le récit de scènes du quotidien de la vie de gens humbles et vrais, par des détails, l’auteur tisse savamment son histoire, et le lecteur est pris, captivé, immergé dedans. Le mépris de certains maîtres envers leurs domestiques (madame Guérin n’hésite pas à renvoyer Nanette pour une peccadille, et ne parlons pas des avis méprisants de madame Limo-Maynard (je n’ai pas l’orthographe exacte du nom)), la précarité de la vie pour les petites gens, certaines croyances idiotes (les étrangers à la ville porteurs de microbes), les barrières de la langue (on n’hésitait pas à se moquer de ceux qui parlaient le patois de leur région), tout cela se retrouve dans ce roman. Quant à l’intrigue, Georges Coulonges a su la construire aussi bien qu’il a su planter le décor. On vibre avec Sylvestre et Nanette. On partage leurs bonheurs et leurs tristesses. On comprend le dilemme de Sylvestre quant à Nanette et à Angèle. On le voit se débattre pris au piège de ses sentiments. Et Nanette, ce petit oiseau fragile : les épreuves se chargent de la piétiner, de lui voler sa pureté. C’est bien sûr elle, mon personnage préféré. Elle lutte, elle se bat pour survivre, elle a foi en son amour, elle réussit à le préserver malgré tout. Elle ne peut qu’attirer la sympathie du lecteur. Elle pourrait paraître un peu gourde, mais au fur et à mesure du livre, elle nous apparaît seulement timide, et ayant envie de bien faire. Quant à la fin... Il fallait bien qu’il y eût une fin. Il fallait bien que cette situation inextricable se dénouât d’une manière ou d’une autre. Puisque les hommes n’ont pas su la résoudre, la vie s’en est chargée. Tant qu’à faire j’avoue que j’aurais préféré que le contraire se passât. Pourquoi l’auteur a-t-il préféré sacrifier tel personnage plutôt que tel autre ? Je ne pense pas que ce soit un message qui veuille dire que celui qui a péché mourra par là où il a péché. Cela pourrait, mais honnêtement, je ne le pense pas. Une question reste après cette fin. Que va-t-il advenir de Marceline ? Il aurait sûrement été délicat que Sylvestre la ramenât chez lui, mais je pense que cela aurait été préférable...

  • Georges Coulonges
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