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Lettre à Mme Aurélie Fillipetti de CGT Editis

mercredi 6 juin 2012

Madame La Ministre,

La décision du groupe Editis de supprimer ses « salles de vente », dangereuse économiquement et socialement, nous paraît surtout lourde de conséquences pour le commerce de la librairie et la culture. Vous connaissez les difficultés de la grande distribution ; des plans sociaux sont prévus à la Fnac et chez Carrefour, Virgin ferme ses sites les plus récents et Prestalis est en cessation de paiement. Depuis quelques années, seules les librairies généralistes, traditionnelles et de proximité arrivent à sortir leurs épingles du jeu, même au prix de très gros efforts économiques et humains. Les salles de vente d’Editis incarnent la proximité, un lieu indispensable pour alimenter les libraires indépendants en fonds éditoriaux. Elles contribuent à entretenir un réseau de commerçants du livre et, ainsi, à transmettre cette flamme du savoir à laquelle on associe le Siècle des lumières et l’esprit républicain libéral que tous les pays nous envient. Mr Jean-Marie Messier avait cru bon de le qualifier avec ironie d’« exception française ». Nous sommes le ballon d’oxygène sur lequel les équipes de commerciaux d’édition peuvent s’appuyer. Les difficultés rencontrées par les commerciaux de chez Hachette depuis la fermeture de leurs salles de vente, et plus particulièrement dans le secteur jeunesse, en fournissent hélas l’illustration. Autre illustration saisissante, celle d’un éditeur qui a quitté Editis pour confier sa diffusion et sa distribution à Hachette fin 2011. Depuis, cet éditeur, Kazé, regrette sa décision après qu’une commercialisation trop centralisée de ses fonds a fait exploser son taux de retour. Nous sommes plusieurs personnes, investies et fières de perpétuer ce devoir de mémoire, cette pédagogie que nous transmettons aux libraires-clients qui nous rendent visite, cet usage mille fois bénéfique de titres mis en avant en salles de vente et qui ont ensuite connu un succès national. Impossible de ne pas aborder le problème humain posé par ce projet de fermeture de salles de vente par Editis. Plusieurs familles risquent également de pâtir de ce qui serait un drame culturel, commercial et humain, une réelle mise en danger d’un réseau entier de libraires, et un coup d’une violence considérable contre la chaîne du livre en France – sans qu’aucun exemple d’alternative viable en Europe puisse être invoqué. Au vu de la situation d’ensemble, extrêmement précaire, de la diffusion-distribution du livre dans notre pays, et des projets fâcheux du groupe Editis qui l’aggraveraient fortement, nous sollicitons l’organisation très urgente d’une réunion de travail entre vous-même ou M. votre Directeur de Cabinet et et les organisations syndicales de la société Interforum Editis (Groupe Editis). Vous remerciant pour votre attention et l’examen que vous ferez de notre dossier, nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, l’expression de notre très haute considération.

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