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Mazarin

lundi 4 décembre 2006

Mazarin est à la fois l’un des plus grands hommes d’Etat que la France ait connus et l’un des plus décriés. Sa qualité d’étranger, sa modeste extraction, son enrichissement, ses méthodes mêmes, qui préféraient l’intrigue, le charme et la persuasion aux coups d’autorité, rendirent sa réussite insupportable à la classe politique et à l’opinion Française de son temps.

Pour raconter l’histoire de cette ascension, qui commence en 1601 dans un village des Abruzzes, il fallait un auteur qui connût aussi bien le personnage que la société du temps, le contexte international, la cour de France et la reine Anne d’Autriche, sans laquelle Mazarin ne fût pas devenu premier ministre : Claude Dulong donne avec ce livre la quintessence d’années de recherches consacrées à l’énigme Mazarin. Elle nous fait revivre ses débuts de jeune diplomate ponti­fical ; elle souligne l’importance décisive de sa rencontre en 1630 avec Richelieu qui fut son maître à penser et le convertit aux intérêts de la France. Naturalisé en 1639 cardinal (sans être prêtre.) en 1640, Mazarin, après avoir été le confident et l’agent de Richelieu, devient son successeur moins de trois ans plus tard et le reste pendant près de vingt ans. On découvre avec quelle habileté il obtint le constant appui d’Anne d’Autriche, régente au nom de son fils mineur, Louis XIV, et les documents inédits exploités par l’auteur éclairent d’un jour nouveau la liaison de la reine et de son ministre. Ont suit, comme dans un roman, les péripéties politiques et diplomatiques de l’époque, dominées à l’intérieur du royaume par la Fronde, et à l’ex­térieur par les négociations des deux grands traités de Westphalie et des Pyrénées, qui mirent fin, pour le plus grand profit de la France, à une guerre de vingt-cinq ans avec la maison d’Autriche. On mesure, avec les "nazarinades", l’importance naissante de la propagande et contre-propagande dans la vie politique française. On admire le goût du cardinal à travers ses palais, ses oeuvres d’art, ses pierreries, sa bibliothèque, tout cela sans doute mal acquis, mais dont il légua une bonne part ’a la France. Ainsi, grâce à Claude Dulong, le lecteur peut enfin porter un jugement équilibré sur celui qui ; à sa mort en 1661, avait fixé les frontières de la France et sauvé le trône de Louis XIV.

  • Claude Dulong
  • Perrin

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