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Nous nous sommes tant marrés

lundi 20 avril 2015, par Georges Fernandes

Au départ de la lecture de ce livre, j’ai cru à un remake d’un des nombreux livres de Georges Simenon, Le riche homme, écrit en 1970. Le décor est le même, un cabaret de province. Il faut donc avoir un peu de curiosité pour passer une introduction un peu difficile pour ensuite découvrir un panel humain qui soit plus qu’intéressant. C’est ainsi avec plaisir que l’on découvre un François Corbier pas encore la star du club Dorothée mais déjà une star dans sa manière de jouer et de vivre. C’est un véritable éclat de lumière qui jaillit des lignes du livre. Et la suite n’est qu’une répétition d’éclipses solaire et lunaire qui apportent toutes leurs poids d’informations. C’est que Bruno Léandri n’est pas n’importe qui, c’est celui qui a presque réussi à mettre en faillite le journal Libération avec un simple papier où il écrivait qu’un certain chanteur était aussi un profiteur. Je vous laisse lire le livre pour savoir de qui il s’agit. Ensuite Léandri a durant plusieurs années été un collaborateur de Hara-Kiri l’ancêtre de Charlie Hebdo. Il explique de l’intérieur ce que de l’extérieur on ne pouvait que deviner sans en être vraiment certain, le professeur Choron était vraiment un grand co… Le type de mec que l’on ne regrette pas de n’avoir jamais rencontré. La suite, l’arrivé de Léandri à Fluide Glacial n’est qu’une procession de déclaration d’amour avec presque tous les auteurs de ce journal, en commençant bien entendu avec Gotlib puis Thieret, Maëster, Edika, Bluch, Coyote, Ferri, Casoar, Igwal et j’en passe. Il ne reste que pour Yves Frémion que je n’ai pas vraiment réussi à comprendre si avec lui c’était le grand amour ou l’amour vache. On découvre dans les coulisses un Jacques Diament plus Picsou que l’original mais ayant comme excuse de devoir tenir à flot le bateau, chose qu’il réussira jusqu’à la vente dudit journal. J’ai survolé ce livre comme le fantôme que je suis, car j’ai passé toute ma jeunesse comme le voisin de la rédaction, je les croisais peu le matin en partant à l’école, souvent le midi et parfois le soir. Ils étaient mes idoles et pouvoir vivre par procuration leurs journées, plus de 20 ans après, ce n’est pas anodin, cela fait vraiment quelque chose. Léandri a écrit un bon texte, mais il manque encore une partie, certainement la plus difficile à écrire, la fin de Fluide Glacial, celui qui a baigner les lecteurs durant 30 années. Bien sûr le journal existe encore, mais ce n’est plus la même chose sans Gotlib et Frémion ce n’est plus qu’une coquille vide. Allez Léandri écrit nous vite la suite !

Nous nous sommes tant marrés

  • Bruno Léandri
  • Fluide Glacial
  • 430 pages
  • 19 €
  • 9782352075837

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