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Nuit d’hiver

lundi 27 octobre 2008, par Françoise Bachelet

Joseph Esperandieu ,38 ans, pianiste de métier, est à la Gare routière de Gallieni dans l’Est parisien en partance pour Prague, pour une semaine de vacances, comme chaque début d année lorsqu’il apprend par un appel téléphonique de Gracieuse enfin Marielle sa cousine le décès de Jacqueline Rigal dite Sournoise, sa tante et maman puisque c’est elle qui l’a élevé.

Le parcours en autocar entre Paris et Prague sera l’occasion d’une immersion dans son enfance pas toujours heureuse, dans une famille assez spéciale et de faire le point sur sa vie.

Arrivé à l’âge de 2 ans ½ chez les Rigal dans cette grande maison froide de Bel Air en région parisienne avec Marjolaine sa petite sœur, Joseph Esperandieu a du tant bien que mal s’adapter à sa nouvelle famille, qui n’est pourtant autre que celle de sa tante, la sœur de sa vraie mère, qui ne sera jamais tendre avec lui et qui est de plus affublé d’un mari alcoolique et violent et de 4 enfants dont un particulièrement méchant,Willy, qui n’aura de cesse de le persécuter.

Bien vite, il comprendra au contraire de sa sœur, que la meilleure solution est de faire semblant de se soumettre. Heureusement pour lui, il trouvera quelques satisfactions et évasions auprès des animaux, dans le jardinage, les livres, à l’école où il est bon élève, dans la musique classique et dans l’étude du piano avec Madame Simon. Toutes les occasions sont bonnes pour oublier quelques instants ce supplice au quotidien comme la première sortie à la mer en car avec Madame d’Ablancourt à Cabourg, la venue de son cousin Alain de Paris et de tante Claudie pour les fêtes de Noël ou encore regarder Rintintin à la télévision chez la voisine d’à côté.

On se laisse facilement emporter par cette histoire car bien qu’elle soit globalement pas très joyeuse, elle est prenante et les nombreuses descriptions y sont pour beaucoup, à tel point que l’on déambule avec l’auteur dans le jardin, dans la cour avec le hangar en bois, que l’on est assis dans cette cuisine les soirs d’hiver et que l’on ressent « l’humidité glacée des carrelages et des murs, le givre à l’intérieur accroché aux vitres des petits matins d’hiver. Les descriptions des personnages aussi sont concises et tellement précises que ça en fait froid dans le dos, pour exemple celle de sa tante : « sa peau blême et flasque, ses cheveux répugnants, ses pieds qui traînent dans ses savates rabougries ».

Dans les dernières pages, on découvre que le titre du livre est aussi le nom d’un tableau vers lequel l’auteur semble être comme aimanté et qui symbolise l’accomplissement de soi tout autant que l’incessant questionnement sur l’identité et le devenir. En conclusion, c’est un roman qui bien loin de la haine est au contraire plein de sagesse et pourrait s’apparenter à un roman d’initiation.

  • Valère Staraselski
  • Le Cherche Midi

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