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Seul sur la mer immense

mardi 24 juin 2008, par Sarah Chelly

« Seul sur la mer immense », en voilà un titre évocateur...et plein de rêve...

Ça tombe bien, en cette période propice aux vacances, on aurait bien envie de faire un grand voyage !

Michael Morpurgo est déjà bien connu pour ses romans d’aventures. Son nouvel ouvrage s’encre dans cette tradition et met en scène la vie d’un petit orphelin anglais.

Arthur débarque petit en Australie, à la fin des années quarante. Après avoir vécu l’enfer chez un tortionnaire autoritaire et cruel, il s’enfuit avec son ami Marty et atterrit chez « tante Megs », brave femme qui recueille toutes les créatures abandonnées de la région.

Il coulera des jours heureux jusqu’à ce qu’il puisse voler de ses propres ailes.

Cette histoire est donc son histoire, celle de sa vie. Le narrateur se rapproche du présent au fur et à mesure que son récit avance, jusqu’au moment où il arrive à aujourd’hui.

Comme on ouvrirait une poupée russe, on trouve alors un deuxième récit qui commence, celui sa fille Allie. Décidée à retrouver sa tante laissée en Angleterre coûte que coûte, elle va alors entamer un tour du monde à bord du voilier conçu et construit par son père ...

Que dire de ce titre si ce n’est qu’il reflète totalement le contenu de ce livre ? La mer y est omniprésente. Du voyage de l’enfant vers l’Australie au journal de bord de la fille, tout n’est qu’océan. Cette image vit dans les situations mais aussi dans les objets, comme le livre du « Dit du vieux marin », la photo du défunt mari de tante Megs qui était navigateur lui aussi, ou le chantier naval sur lequel Arthur travaille.

Aussi, cette métaphore sert à témoigner de la brutalité de certaines situations. Pécheur puis soldat du Viêt-Nam, Arthur se trouve à un moment dans ce qu’il appelle sa « traversée du désert ».Au bleu marine s’ajoute alors l’image de la couleur rouge du sang qui coule, image qui ne fait que refléter sa détresse et sa douleur.

Et comme on pourrait dire « tel père, telle fille », on se rend compte que le deuxième récit, celui du voyage autour du monde, continue dans cette logique.

Entre narration et confidences, Allie nous livre ses doutes et ses pensées mais surtout elle ne peut que susciter notre admiration. Son périple nous permet de voir jusqu’ou peut aller le dépassement de soi.

Finalement, c’est la mer qui est le véritable fil conducteur du livre, car elle nous montre à quel point elle reste maîtresse.

Aussi, on trouve l’image de l’albatros, majestueux, qui l’accompagne. Il symbolise la présence du père qui veille sur sa fille, l’empêchant ainsi de mourir de solitude.

Car au bleu des eaux s’ajoute souvent celui de l’horizon.

Des septième, huitième et neuvième ciel, jusqu’à la station spatiale internationale, on retrouve aussi de ce point de vue, comme promis dans le titre, l’idée d’immensité.

Que dire de plus ? Même s’il est destiné à la jeunesse, ce livre mérite que les grands enfants y jettent un coup d’oeil. Quoi de plus beau que de se retrouver bercé par cette histoire de vagues et de mer, et de nager immergé dans toute cette intensité ?

  • Michael Morpurgo
  • Gallimard jeunesse

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