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Une femme en blanc

mardi 19 février 2008, par La Livrophile

Depuis son enfance, Margaux Lespoir, fille de paysans, veut être médecin. Son père, Guillaume, lui a toujours dit qu’elle visait trop haut. Il n’a jamais encouragé sa vocation. Margaux a réalisé son rêve. Elle est même chirurgien. Elle travaille dans l’hôpital où elle est née : la Chartreuse. Alors que plusieurs hommes auraient pu prétendre au poste d’assistant du docteur Roux, celui-ci a demandé à Margaux de l’accepter. Elle est amie avec une infirmière de la maternité, Marie des Ilets, ce qui lui attire l’inimitié de certains, qui trouvent qu’un médecin ne devrait pas autant copiner avec une infirmière. D’autant que Marie n’est pas très bien vue, étant donné qu’elle aime bien prendre du bon temps avec les hommes. Margaux a aussi un fils de dix ans, Eric. A vingt-trois ans, elle est tombée follement amoureuse de Benoît, avec qui elle faisait ses études de médecine. Lorsqu’elle lui a annoncé qu’elle était enceinte, il a pris peur. Là encore, Margaux visait trop haut : Benoît venait d’un autre monde qu’elle. Margaux admire beaucoup le docteur Roux. Il est son professeur. Pour elle, il est irréprochable. Un jour, pendant une opération, il commet une erreur. Erreur qui aurait pu être fatale à l’opérée, si Margaux n’était intervenue le lendemain. Le père de la petite fille opérée porte plainte. Et c’est là que Margaux va perdre certains de ses idéaux : le docteur Roux l’accusera, elle, d’avoir commis l’erreur lors de la première intervention.

J’ai beaucoup aimé ce livre. Margaux est une battante, mais elle est humaine. Elle a ses faiblesses. Ce n’est pas une femme parfaite, et c’est ce qui nous la rend sympathique. Par exemple, lorsque la Chartreuse risque de perdre ses urgences, elle se bat aux côtés d’autres médecins de l’hôpital, pour pouvoir les garder. A un moment, cela lui monte un peu à la tête et elle commet certaines erreurs.Le père de Margaux est très attendrissant. Il me fait un peu penser à Grégoire dans les "Belle grand-mère". Il n’a jamais encouragé sa fille dans sa voie, il désapprouve ce qu’elle fait, par humilité. Mais on voit bien qu’au fond, il est fier d’elle. Cela nous est prouvé lorsqu’il demande à être opéré par elle. Marie est un personnage par lequel Janine Boissard fait passer beaucoup de choses. Elle a certaines idées, certaines opinions assez tranchées, et la vie va lui montrer, assez cruellement d’ailleurs, que pour chaque décision que l’on prend, pour chaque événement, il y a des circonstances à prendre en compte.

Le fait que Marie soit mal vue est profondément injuste et stupide. Cela illustre certains préjugés : Marie a pas mal d’aventures, et on la désapprouve. Mais elle aurait été un homme, on en aurait souri.Ce qui lui arrive par la suite est terrible, mais la façon dont cela lui arrive détruit également certains préjugés. L’histoire d’amour est un peu attendue. Elle n’est pas assez subtile, mais elle arrive quand même à surprendre un peu. Certains malades que soigne Margaux sont autant d’illustrations de tout ce qui arrive dans un hôpital, et peut arriver dans la vie. Il y a Violaine, qui essaie de se suicider, parce qu’elle a été trop gâtée ; Sandra, que ses parents n’ont pas su écouter ; mademoiselle Jeanne et son fiancé, dont on ne respecte pas le souhait ; Olivier, le petit garçon qu’une chute stupide va emporter... Et il y a Nicolas. Encore une fois, son histoire montre que tout n’est pas si simple. On est tenté de vilipender la personne qui fait du mal à Nicolas, à l’instar de Margaux. Mais au dernier moment, celle-ci trouve les mots qu’il faut, et comprend que la personne souffre, elle aussi. C’est un livre juste, qui soulève des questions importantes, et qui nous fait venir très facilement les larmes aux yeux. C’est l’histoire d’une femme qui concilie sa famille, son amour, et un travail très prenant. Et ce n’est pas toujours facile ! On retrouve avec bonheur l’écriture de Janine Boissard, qui sait être drôle et grave.

Le seul bémol, c’est quelque chose qui arrive à la fin. Je trouve que c’est un peu gros. C’est ce qui fait que Maxime accepte. (Je ne dirai pas ce qu’il accepte pour en dévoiler le moins possible.) Je ne comprends pas trop pourquoi ce qu’a fait Margaux le fait accepter. Bien sûr, ce qu’elle a fait est très important, mais elle l’aurait fait de toute façon, étant donné qu’elle soigne tout le monde sans distinction. C’était peut-être un peu simple. Ou alors, Maxime avait besoin de ce petit coup de pouce pour accepter...

  • Janine Boissard
  • Robert Laffont

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