BD : Polina

CRITIQUES BD

Russie. Polina Oulinov, une petite fille de six ans, passe une audition à l’académie de danse. Son professeur, Monsieur Bojinski trouve qu’elle n’est pas très souple ! A-t-il déjà repéré le talent de celle qui, quelques années plus tard, deviendra une chorégraphe reconnue de tous ? Sans doute, Bojinski a l’œil sûr et l’exigence haute. A ses côtés Polina apprend durement la danse. Sans concession ! C’est ainsi : La danse est un art ! On l’a ou on ne l’a pas. Il faut l’avoir dans le sang et travailler sans relâche ! Quand Polina rejoint le théâtre, elle, si douée, n’entend rien aux recommandations de Madame Litovski… En choisissant une bichromie douce faite de noir et de gris, Bastien Vivès évite habilement le contraste trop simpliste du noir et blanc. Pour parvenir à l’art, il faut travailler, être accompagné et remis en cause, trébucher et se relever, toutes choses subtiles pour lesquelles temps et volonté sont les meilleurs alliés. A 26 ans, et après déjà une bonne dizaine de livres, Vivès vient peut-être de signer son livre le plus personnel. Bien sûr, Elles, Le Goût du chlore, Dans mes yeux, Amitiés étroites, tous autour de la question du sentiment amoureux, avaient quelque chose à voir avec la vie personnelle de leur auteur. Mais, en choisissant l’univers de la danse, Vivès a fait un pas de côté, pris de la distance. Vivès dessine des histoires, Polina danse pour l’émotion. Elle est son manifeste.

 

Une œuvre forte, puissante qui se dévore d’un trait. A lire d’urgence !

 

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