L’arbre de notre famille

Quelle est l’histoire de notre famille ? Qui sont nos aïeux ? D’où venaient-ils ? Où et quand est né notre arrière-grand-père ? Quel était son métier ? Les fêtes de fin d’année sont habituellement la période privilégiée où toute la famille se retrouve et apporte des réponses à ces questions. Les conditions sanitaires viennent bousculer cette agréable tradition. Pourtant il existe des moyens pour maintenir solides les liens familiaux, L’arbre de notre famille est l’un de ces outils.

Ce livre original qui permet de documenter l’arbre généalogique et l’histoire d’une famille sur cinq générations est conçu de façon astucieuse et pratique. Des emplacements sont prévus pour inclure des informations intéressantes sur chaque membre de la famille et sur sa vie ainsi que leurs photographies. Il vous offre également la possibilité de demander à certains membres de votre famille d écrire un message pour vous et vos descendants comme dans un livre d or. Ce livre propose un classement qui permet un repérage en un clin d’œil, ce qui en fait un grand atlas familial. Pratique et d’un emploi facile, il donne accès à la généalogie sans avoir à faire des recherches parfois compliquées. Des illustrations agréables contribuent harmonieusement au symbolisme de l’unité familiale et à la quête des racines.

 

L’arbre de notre famille, Monika Koprivova.  Editions Familium, 124 pages, 29,90 euros.

Une affaire si facile

Un avocat face à ses doutes et à la vérité. Juin 1984. Dans un pavillon de la banlieue parisienne, Martine tue son mari d’un coup de fusil. Simon Fogel, brillant avocat pénaliste, accepte de la défendre. Dans le dossier de cette mère de famille sans passé judiciaire qui veut protéger son fils Nicolas, âgé de six ans, il découvre le calvaire d’une femme battue et soumise aux caprices sexuels sordides de son époux violent. Les policiers bouclent rapidement le dossier. Des aveux, une coupable, un mobile. Une affaire si facile et banale en apparence, dans laquelle l’avocat peut plaider les circonstances atténuantes. Mais y a-t-il des affaires faciles ?

Un polar classique, avec un assassin, des flics et un avocat ? Pas exactement non, car cette affaire facile est surtout vue par l’avocat. Les autres, la police, faisant un peu figure de comparses subsidiaires et l’assassin apparaît comme une femme falote et sans histoire s’il n’y avait ce meurtre. Maître Simon Fogel, notre avocat, n’a rien d’un Perry Mason, il travaille selon la justice et la loi française, il ne mène pas d’enquête extraordinaire et se contente d’étudier ses dossiers et de plaider devant la cour.

Un travail que Francis Szpiner, l’auteur connaît bien puisque c’est le sien et qu’il nous transmet au travers d’une écriture fluide, sans artifice inutile. Au vu des similitudes, cette « affaire si facile » n’esr pas sans rappeler « l’affaire Jacqueline Sauvage ». Ancrant son récit dans la réalité par des rappels de la vie politique et sociale de l’époque l’auteur nous présente le fonctionnement du système judiciaire dans notre pays.

Un dossier simple, peut-être bien trop mais comme l’avocat le dit à son assistant : « La Vérité ? L’avocat n’est pas au service de la vérité. L’avocat est au service de la vérité judiciaire. Et les Latins disaient déjà que la vérité judiciaire devait être tenue pour la vérité, ce qui prouve bien qu’ils avaient conscience que la vérité judiciaire et la vérité n’étaient pas une seule et même chose ».

Une affaire si facile, Francis Szpiner. Editions le Cherche Midi, 160 pages, 17 euros. ISBN : 978-2-7491-6093-1

Arsène Lupin – Théâtre

À l’occasion du grand retour d’Arsène Lupin dans une nouvelle série il est agréable de savoir que la lecture des textes de Maurice Leblanc va redevenir à la mode sur plusieurs générations au même moment. C’est suffisamment rare pour que l’événement soit mis en avant. Sur Paris c’est le concours de la plus belle vitrine policier pour les libraires. C’est aussi l’occasion de mettre en avant la pièce de théâtre en quatre actes écrits par Francis de Croisset et Maurice Leblanc, représentée pour la première fois le 28 octobre 1908.

L’histoire se passe dans un château. Une fille de bonne famille va épouser son fiancé qui est aussi l’ancien propriétaire du château. Lors de la discussion de préparation de mariage, la conversation va rapidement tourner sur les exploits d’Arsène Lupin qui vient justement de voler la collection de tableaux du père de la future mariée. La police arrive en force et le limier Guerchard va tout faire pour démasquer le coupable.

Drôle, bouleversant, intrigant, passionnant… Du grand théâtre !

L’éditeur De Varly est spécialisé dans la réédition du patrimoine souvent perdu. Achetez et lire ce livre c’est soutenir une qualité de travail que peu veulent faire.

De Varly Editions. Distribution Hachette. ISBN 9782375040263. 17 euros. Disponible chez tous les bons libraires.

La goûteuse d’Hitler

Elles sont au nombre de dix. Dix femmes qui ont reçu sous la contrainte l’ordre de manger ce que leur donne quand le peuple allemand commencent à souffrir de la faim. La bénédiction de la situation n’est en fait qu’un suicide au ralenti. Elles ne sont rien d’autre que des goûteuses des plats qui vont ensuite être remis au monstre, à l’ogre pour certains ou au sauveur pour les autres : Adolphe Hitler.  C’est la peur que l’on empoissonne les repas d’Hitler qui a réuni à la même table les dix femmes sous la surveillance des SS.

Le lecteur va suivre sous le regard d’une des goûteuses, Rosa, la vie de ses femmes. Certaines deviendront des amies, d’autres perdront la vie ou ferrons preuve de courage. L’écriture du texte dévoilera les faiblesses des êtres humains face à l’absurdité d’un régime fasciste. La vie continue avec ses joies et ses tristesses. Comment imaginer qu’une histoire d’amour puisse être possible au milieu d’un attentat contre le moustachu ? Comment oser critiquer les actes des autres ? Dans une période où il fallait toujours cacher ses sentiments, toujours mentir, à qui faire confiance ?

Même si cela n’est qu’un roman, il est si bien écrit que l’on a envie que cela soit réel. L’auteur part d’une histoire vraie, les goûteuses ont bien existé, le reste n’est qu’une affaire d’imagination et de talent pour le transposer en écriture.

La vie secrète d’Hergé

Les nombreuses biographies et études consacrées au créateur de Tintin font presque toutes référence, à un moment ou à un autre, à l’intérêt qu’Hergé portait à la franc-maçonnerie, aux sciences occultes, à la théosophie…mais aucune n’avait été aussi loin dans ses investigations pour comprendre qui était Georges Remi. Ami d’Edgar P Jacobs et de Jacques Van Melkebeke qui l’ont beaucoup influencé, Hergé, personnage secret et indéchiffrable, connaissait parfaitement ces milieux, peut-être même faisait-il partie de certains, mais qui était-il vraiment ? Quel message voulait-il transmettre ? Pour le savoir, Olivier Reibel, en tintinophile averti, a donc décrypté les albums de Tintin, les uns après les autres, pour y dénicher la moindre référence, le moindre indice.À l’aide d’extraits, il montre qu’Hergé nous fait continuellement des clins d’oeil à l’aide de dessins, mais aussi d’expressions, d’onomatopées… Truffée d’éléments inédits et très documentée, cette enquête passionnante démontre que l’ésotérisme est bien omniprésent au coeur de l’oeuvre et de la vie d’Hergé, et nous dévoile les nombreux symboles ésotériques occultés, illustrant chaque album de Tintin.

Pour autant, le texte comprend quelques lourdeurs. L’auteur, dans sa recherche de preuve de la filiation d’Hergé avec la FM en fait parfois trop, en affichant parfois des débuts de contradictions certes involontaires, mais apparentes pour celui qui maîtrise le sujet. Le mélange de numérologie, de tarots avec des rites maçonniques ne fait pas bon ménage.
Il est évident, pour celui qui sait lire et écrire, que plusieurs histoires de Tintin comportent bien des allusions courtes ou puissantes de la recherche du mot perdu. Il est prouvé historiquement qu’Hergé était entouré de frères et de sœurs maçons qui ont contribué à la réalisation des scénarios de Tintin mais aussi à l’évolution de sa vision sur le monde. Mais cela ne fait pas obligatoirement de lui un membre de la maçonnerie. Tout au plus, peut-être, un frère sans tablier. Je vous invite quand même à la lecture du livre, car il apporte des renseignements sur l’homme et son oeuvre. Mais il faut garder un esprit non critique, mais ouvert sur le fait qu’il n’existe pas une, mais plusieurs vérités.

La page de l’éditeur Dervy