La douce (12)

CRITIQUES BD

Léon Van Bel, 50 ans passés, chauffeur du train à vapeur type 12.004 appelle tendrement sa locomotive « La Douce ». C’est un engin d’une incroyable vélocité. Léon connaît son métier par cœur et peut mener sa machine à bon port dans n’importe quelles conditions. Mais, le chemin de fer vit ses dernières heures. Les autorités ont choisi les airs… Seul aux commandes pour la première fois depuis son entrée en BD, le mécanicien-machiniste de « La Douce » est un François Schuiten au sommet de sa forme ! Avec ce livre, il confirme ses talents d’immense dessinateur et de narrateur, mais, surtout, il s’affirme pleinement comme scénariste. A première vue, on croit lire l’histoire d’un conservateur, d’un homme qui refuse le progrès. Mais, on se trompe complètement puisqu’il s’agit d’une histoire de transmission. Transmission entre un vieil homme usé et une jeune fille farouche. Cet album est un cri vibrant en faveur de la conservation des connaissances et des trésors patrimoniaux. C’est une histoire profondément humaine. C’est le combat d’un homme pour sauver un patrimoine en déclin. Graphiquement, Schuiten disposait d’une énorme documentation. Il traque au crayon et à la plume les accents du réel. Il a l’obsession du beau et du vrai. Equilibre des planches sans perdre de vue la narration, diagonales vertigineuses, valeurs de plans, juxtapositions d’images participent à une œuvre aboutie !
Une aventure humaine passionnante proche du chef d’œuvre. A lire d’urgence !

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