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Les avantages et les inconvénients de l’impression numérique

ACTUALITÉ

Depuis bientôt presque 20 ans, il est possible de faire l’impression d’un livre en impression numérique. Fini la grosse machine offset qui demandait une importante mise en place et surtout le tirage d’un grand volume. Place aux imprimantes d’une taille légèrement supérieure à une photocopieuse qui permet de faire l’impression de petits tirages. Nous allons essayer de faire un petit tour des avantages et des inconvénients.

Déjà il existe encore et toujours une interrogation sur la durée de vie de l’encre sur le papier. Pour une impression en offset, nous savons que nous sommes sur plusieurs centaines d’années. Pour le numérique, on ne sait toujours pas si cela sera autant ou qu’une question de 30/50 ans. Le sujet est pertinent, car si nous pouvons encore lire avec plaisir d’anciens livres des siècles derniers rien ne garantit qu’un chef-d’œuvre contemporain en impression numérique puisse lui aussi être disponible pour les prochaines générations. Par contre en qualité de qualité, texte en noir et blanc ou des dessins en couleurs, nous avons déjà une qualité égale à l’offset.

Que vous soyez en autoédition ou un éditeur, l’impression numérique donne la possibilité d’avoir son ouvrage en un ou plusieurs exemplaires tandis qu’avec une impression offset vous aurez toujours une quantité minimum, 300 à 800 exemplaires selon son contenu. La différence est importante, déjà au niveau financier et aussi au niveau du stockage. Il est toujours triste de devoir faire un grand tirage et de ne rien vendre derrière. Avec le numérique, vous pouvez vous permettre d’avoir peu de stock et l’assurance de ne jamais être en rupture.  De nombreux éditeurs, parmi aussi les plus grands, font un premier tirage en offset et passe ensuite à l’impression numérique, ce qui permet que les titres puissent toujours être disponible à la vente. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la marge de l’éditeur s’en retrouve réduite de manière importante, ce n’est qu’une solution temporaire qui n’est pas pérenne sur une longue période, à moins d’être une association que ne cherche pas à produire des bénéfices.

Amazon est l’imprimeur le plus important dans le domaine. Vous pouvez, gratuitement, mettre en vente et en impression votre texte. La Fnac propose aussi presque le même service, mais en mode payant.  Par contre, attention, c’est toujours à vous de faire la création de la maquette et franchement c’est un métier ! Donc trop souvent le résultat est suffisant pour le cadre familial, mais absolument lamentable pour une vente en commerce.

Le coût d’impression peut être un frein. Avec un tirage en offset de 1000 exemplaires, vous pouvez facilement avoir un prix de fabrication à l’unité qui varie entre 1 et 3 euros. Pour le même livre en impression numérique à l’unité vous devrez facilement débourser entre 5 et 9 euros l’unité, selon l’imprimeur. Si vous voulez faire de grands tirages, le numérique est à fuir. Ensuite, si vous voulez en faire commerce, le prix d’impression va produire une importante augmentation du prix de vente. Pour exemple, pour un même livre, en numérique je pouvais avoir un prix de vente de 14 euros et en offset le prix de vente était de 9 euros, et ceci avec la même marge… Ensuite c’est, encore une fois une question de stock et de place.

L’impression en offset était l’idéal pour un éditeur avec un distributeur. Ce dernier recevait les exemplaires et s’occupait de la vente. À présent nous avons des distributeurs comme Hachette qui font eux aussi de l’impression numérique avec distribution. Mais comme dit plus haut, cela à un prix important. L’avantage principal est que l’on paye que ce qui est produit, donc déjà vendu. Mais il faut aussi prendre en compte les possibles retours, normalement interdits en impression à la commande, mais autorisés pour les plus grands libraires selon leurs contrats avec les distributeurs. Vous vous retrouvez à payer l’impression d’ouvrages qui seront retournés et détruits… Il y a encore des améliorations à faire dans le domaine.

Il faut aussi savoir que les libraires, ne pouvant normalement pas faire de retour dessus, ne veulent presque jamais prendre des exemplaires pour fournir leurs tables au risque de ne jamais les vendre. Ils attendront d’avoir une demande d’achat d’un client pour faire la commande. Il est donc improbable de pensée pouvoir faire sa promotion avec et autour les libraires, le lecteur n’y verras jamais votre livre. Bien entendu il existe des exceptions…

Si vous voulez faire une impression en noir et blanc, l’impression numérique est parfaite. Par contre si vous voulez y mettre de la couleur, c’est autre chose. L’imprimeur classique en offset va vous faire un prix différent pour les pages en noir et blanc et celles en couleurs.  Pour l’impression numérique, ce n’est pas possible, c’est soit tout l’ouvrage au prix du noir et blanc soit tout l’ouvrage au prix couleurs. Et le tarif peut doubler voir triplé. Il faut bien réfléchir sur l’utilité de mettre à l’intérieur du texte un ou plusieurs dessins ou photos en couleurs. Si le prix de fabrication en noir et blanc avait été de 7 euros avec une seule page en couleur, son coût risque de franchir les 15 euros.

La couverture pour une impression numérique est à 99,99% en format souple, qui tourne autour de 220g. Il existe des imprimeurs numériques qui vont vous faire des couvertures en dure, pour de petits tirages de 30 exemplaires, mais le prix minimum sera facilement autour de 15 euros. C’est bien pour une diffusion limitée comme un tirage numéroté.

Si vous êtes un auteur en recherche d’un éditeur, vous ne pourrez pas savoir comment il produit son catalogue, ce n’est généralement pas écrit sur les sites internet. Par contre vous devez et pouvez lui poser la question. En soi, cela ne change rien dans le sérieux de l’éditeur, mais cela peut avoir une importance dans votre recherche. En effet, si vous voulez que votre livre puisse être disponible partout sur les tables des libraires le jour de sa sortie officielle, il faut que cela passe par un diffuseur et avec l’impression numérique c’est impossible ! Il faut obligatoirement pour cela faire de l’impression en offset, ce qui signifie du stock. A contrario, les places sont chères, et à moins d’avoir une qualité d’écriture impressionnante et d’avoir touché la sensibilité d’un grand éditeur, vous n’avez que peu de chance d’être parmi les élus. Un avantage d’être avec un éditeur qui pratique l’impression numérique c’est que votre livre ne sera jamais en rupture de stock et c’est vraiment important. Pour exemple, avec un tirage en offset classique, l’éditeur va faire un premier tirage de 1000 exemplaires. Une fois ce tirage vendu, il va se poser la question de savoir si financièrement cela vaut la peine de produire un second tirage, cela a un coût d’impression, mais aussi de stockage. Surtout qu’avec les droits de retour des libraires, l’éditeur peut se retrouver avec 50% du premier tirage sur les bras. C’est pour cela que de trop nombreux ouvrages n’ont jamais de second tirage et ont des ruptures de stock qui peuvent durer plusieurs mois. Avec l’impression numérique, le problème n’existe pas. L’éditeur répond favorablement à toutes les demandes et peut-importe le volume.

Dans les contrats, l’éditeur se garde souvent le droit d’avoir la possibilité de choisir entre les deux formes d’impression. Dans ce cas, il n’y est pas fait référence de chiffre de stock. Avec une impression numérique, puisque sans rupture de stock, l’auteur ne peut utiliser cet argument pour mettre fin au contrat. C’est pour cela que je conseille à l’auteur qui désire prendre un éditeur en impression numérique de s’assurer que celui-ci a bien un distributeur, comme Hachette. Sinon cela signifie que l’éditeur fait de l’auto distribution. Il est possible que vous puissiez en autoéditions faire les mêmes ventes voir beaucoup plus.  Mais cela c’est pour un autre papier …

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