Silencio

CRITIQUES BD

1990, alors que le soleil californien lézarde ses murs de béton armé, le pénitencier du comté de Los Angeles accueille un nouvel arrivant. Grand, élancé, tatoué, chevelu, le jeune homme entre de plain-pied dans l’un des plus cruels établissements carcéraux du pays. Aussi causant qu’un macchabé, aussi appétissant qu’un danseur étoile, le jeunot a tout pour se faire dessouder le premier soir, devenir le souffre-douleur des matons ou le favori des brutes du mitard. Son nom ? Peu importe. La raison de son emprisonnement ? Qui s’en soucie ? Ici, personne ne vient donner d’explications et encore moins en demander. Une seule chose attire l’œil du « nouveau » : le terrain de Basket. Si le combat pour la survie de notre héros se joue sur le terrain, sa rédemption n’est pas forcément le trophée de la victoire…

Le scénario, assez classique dans son propos, ne contient pas de grosses surprises. On aurait aimé que soient davantage développés la personnalité du héros, son existence avant la prison (hormis son insensibilité à la douleur) ou la vie dans la prison et les relations entre les divers groupes de prisonniers… Le récit est porté par le dessin dynamique de Gabriel Germain. Celui-ci combine agréablement les influences comics et BD européennes. Avec un agréable trait semi-réaliste, il donne de véritables gueules à ses personnages et restitue parfaitement les émotions du héros muet.

Initialement paru en trois épisodes, cette histoire est complétée par de nombreux bonus dont des explications sur le streetball et ses différences avec le basket. Un volume qui réjouira les fans de basket mais qui risque de laisser les autres lecteurs sur leur faim.

 

 

Silencio, l’intégrale, Waxx et Gabriel Germain. Editions Glénat, 144 pages, 19,95 euros.

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