Un auteur n’est pas un salarié

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Un auteur n’est pas un salarié ! C’est un indépendant ! Il a la possibilité de choisir avec qui il désire travailler, il choisit ses projets, défini par contrat ses délais et son revenu avec l’éditeur. Bref, l’auteur est son propre patron. Alors pourquoi cela va si mal dans la profession des auteurs ? Une analyse qui reviens souvent c’est le manque de compréhension des contrats de la part des auteurs qui parfois ne comprennent pas certains éléments qui sont pourtant presque toujours présent dans les contrats. Ce qui provoque ensuite des réflexions négatives envers les éditeurs. La rémunération est au centre du problème.  Quand un auteur signe avec un % de droit sur les ventes il pense qu’il suffit de prendre le prix de vente et de faire un simple calcul. Mais malheureusement ce n’est pas si simple et ce n’est pas toujours de la faute de l’éditeur.

Imaginons qu’un auteur signe un contrat avec un tirage de 2000 exemplaires et 10% de droit dessus avec un prix de vente de 16 euros. Le diffuseur va faire son travail et réussir à mettre en place 75% du tirage (c’est une bonne moyenne). Cela donne 1500 exemplaires vendus aux libraires. Quand l’auteur apprend cela, il pense qu’il va toucher ceci (1500 exemplaires x 10% sur 16 euros). Et bien, absolument pas. Les 1500 exemplaires ne sont pas réellement vendus, même si il existe bien une masse d’argent qui va passer du libraire au diffuseur puis à l’éditeur. Cet argent ne va pas plus loin, l’auteur ne va rien voir dessus. Les libraires ont plusieurs mois pour vendre les livres qu’ils ont payés. Et quand ils le désirent ils vont pouvoir faire le retour des invendus au diffuseur et ce faire rembourser. Ensuite, le diffuseur qui a remboursé les libraires va faire une demande de remboursement à l’éditeur qui redonne l’argent qu’il a perçu en trop. C’est le système des vases communiquant. C’est pour cela que les auteurs se plaignent de ne jamais savoir les chiffres des ventes, ceux-ci peuvent changer d’un mois à l’autre. Il faut souvent attendre 12 mois pour avoir les premiers chiffres définitifs du premier mois de vente. Et si l’auteur a touché une avance sur droit c’est encore pire, c’est un cadeau/revenu empoisonné, mais j’y reviendrai dans un prochain papier. Depuis un peu plus d’une année, nous assistons à du jamais vu.

Avant le taux de retours était entre 20/30%. Aujourd’hui le chiffre de 80% de retour n’est absolument plus rare. C’est un Waterloo de l’édition qui est compensé par un nombre des  parutions de plus en plus important, 260 nouveautés par jours, dimanche compris. Bref, les imprimeurs tournent à pleins régime pour sauver le soldat éditeur, mais c’est au détriment des auteurs qui curieusement continuent à être dans le jeu. On connaît la définition du mot travail, c’est d’avoir une activité. Mais un travail doit normalement produire un revenu, sinon c’est juste une occupation, une passion chronophage de temps…

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